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  • 1. Education et sociétés modernes
  • 2. Éthique, environnement, économie et justice
  • 3. Espaces, sociétés, modernité et bien-être
  • 4. Identités, pouvoir et fait religieux
  • 5. Etude et analyse des sources de l'islam

espaces, finalités, méthodes

A partir d’une démarche prospective, quelles méthodes et stratégies mettre en place, dans une perspective comparative à l’échelle européenne et des sociétés occidentales, afin de repenser un modèle d’éducation alternatif à la fois ouvert et dynamique, permettant à l’individu, de se construire progressivement au cours des étapes successives de la vie, de lui offrir un cadre humain et intellectuel propice au cheminement de son être intérieur, de s’interroger sur la question du sens, sur son rôle dans le monde, tout en reconcevant parallèlement des relations humaines de plus en plus impersonnelles et intangibles ? Ce travail qui relève à la fois des dimensions spirituelle, humaine et intellectuelle, implique une prise de conscience des réalités du monde perceptible et des enjeux de société.D’un point de vue sociologique, l’éducation peut être définit comme un processus de construction complexe et hétéroclite, au sein duquel interviennent de multipes facteurs qui interagissent entre eux. La construction de l’identité spirituelle en islam s’inscrit dans une relation continue et transcendantale à Dieu, et dans un rapport à l’environnement (physique, mental, social, spatial), guidés par l’idéal d’excellence. La construction de l’identité culturelle et citoyenne s’inscrit elle dans une perspective ontologique, individuelle et collective, qui rompe avec les logiques individualistes et de repli. En tant que citoyen d’un territoire, d’une nation, le musulman aspire aux vertus d’équilibre, de justice et d’équité. Le concept de justice en islam englobe les dimensions sociale, économique, spatiale et politique.

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quels enjeux et quelles perspectives ?

La question environnementale s’impose aujourd’hui comme une préoccupation majeure en France et ailleurs dans le monde. Les conséquences sur l’homme du manque de prise en compte des questions environnementales sont de plus en plus mises en évidence. La tradition occidentale, qui institue la domination de l’humain sur la nature, qu’elle s’appuie sur la religion ou sur la philosophie rationaliste, est remise en cause. La crise complexe et multidimensionnelle que connaît actuellement le monde nous oblige à porter un regard critique sur les paradigmes qui incarnent les systèmes de pensées traditionnels, à reconsidérer la teneur des concepts qui les animent, à élargir leur définition et leur portée.

dynamiques et interactions

La modernité, synonyme de concentrations, de pressions urbaines, de développement des communications, de globalisation culturelle, nous impose des rythmes de vie et des modes de consommation qui ont un impact direct sur notre manière de concevoir le bien-être. Les dynamique de changement des sociétés modernes impliquent généralement une conception individualiste de l’homme. La réussite et le plaisir immédiats s’érigent en finalité pour les individus et les sociétés. En s’érigeant en garante du bonheur, la modernité en revendique dans un sens le monopole et en restreint ses horizons. Il n’y aurait de bonheur qu’à travers la réussite sociale et matérielle. L’idée de modernité implique le progrès continu, le confort matériel, le plaisir, d’accomplissement social, de quête de liberté, d’émancipation. La dimension individuelle supplante la dimension collective.On oppose islam à modernité. L’islam serait par nature archaïque. La performance industrielle, l’exploit technologique, se sont d’une certaine manière substitué à la quête de sens pour conditionner finalement l’être et sa raison d’être. Les individus entrent dans une spirale de la compétition instituée par une philosophie de l’avoir qui pousse à la concurrence entre les individus, à vouloir toujours plus posséder. Cette conception du bonheur qui a bousculé les repères traditionnels (cohésion spatiale, sociale, territoriale, économique, éducation, éthique, morale, famille) a eu des conséquences sur les relations entre les hommes et sur l’environnement. A l’ère du « tout-communication », elle institue le paraître en norme sociale et suscite déséquilibres, exclusions et violences. Comment déconstruire ce qui a porté atteinte à l’équilibre de l’être et des sociétés pour faire converger les aspects positifs de la modernité, une conception de l’homme, du pouvoir et de l’avoir, avec un cheminement de l’être, une quête spirituelle, qui institue la justice, la solidarité entre les individus et les peuples, dans une perspective de paix et de fraternité universelles ?

D’un point de vue spatial, afin de saisir la complexité des enjeux qu’implique cet axe de recherche, il est judicieux de s’intéresser prioritairement aux secteurs géographiques qui concentrent le plus de difficultés et d’analyser les dynamiques, les stratégies et les projets existants et futurs à travers une approche comparative, transversale et prospective.

représentativité de l’islam, enjeux d’image et participation politique

La nécessité de définir et de consolider son identité fonde et conditionne l’implication citoyenne dans la vie de la cité. L’analyse du rapport des identités aux convictions et aux cultures est essentiel pour comprendre les processus de construction et d’évolution de la nation. Les enjeux ne se décident plus exclusivement à l’échelle de la France et des autres nations européennes. Un des principaux enjeux est d’aller dans le sens d’une Europe rassemblée et solidaire. Comment faire en sorte que l’identité de la nation soit enracinée dans ses valeurs et sa culture, qu’elle soit riche de sa diversité, résolument ouverte sur l’autre, sur l’Europe, sur le monde, tournée vers l’avenir, capable de transcender les clivages et les différences ? Un des dangers pour les citoyens de confession musulmane est de s’enfermer dans une démarche essentiellement communautaire. Les citoyens, quelles que soient leurs convictions, animés par le même attachement au bien commun, aux valeurs humanistes, à ce que nous transmettrons aux générations futures, sont amenés inévitablement à conjuguer leurs efforts. L’engagement participatif, pensé d’abord dans le cadre de stratégies et de projets locaux alternatifs (éducation, développement durable, aide aux plus démunis, économie solidaire, etc.), est à même de contribuer à ré-enchanter le politique, s’il est pensé et mis en œuvre dans le cadre de projets alternatifs porteurs de dynamiques.Intrinsèquement, l’islam converge avec l’idée de démocratie, l’état de droit, la laïcité. Son adhésion aux valeurs de justice, de liberté, d’égalité, dans leur compréhension universelle, celle qui découle de la capacité de chaque être à définir instinctivement ce qui est bien, garantit en principe la paix sociale. La priorité, pour des citoyens musulmans en quête d’identité dans des sociétés qui les amènent à façonner constamment leur islamité à la lumière des réalités particulières, consiste à se définir à la fois à partir d’un contexte déterminé et à partir d’une lecture critique et dynamique des sources. Ils sont amenés à s’interroger sur le sens de leur présence. Le discours qu’il est intéressant d’analyser, est à la fois le miroir à travers lequel il est possible de se reconnaître et d’apparaître au monde.

Le contrat social républicain repose sur l’idée de citoyenneté et de respect des principes démocratiques. Est-il possible de s’approprier les différentes dimensions de la citoyenneté tout en affirmant, en tant que musulman, ses convictions ? L’enjeu est de concevoir l’islamité comme une partie intégrante de la citoyenneté et de passer d’une vision fragmentée de l’identité à une vision unitaire, respectueuse de la pluralité des opinions de chacun. Comment sortir d’une logique d’ « intégration » qui connote l’idée d’assimilation d’un corps étranger à une identité collective existante, de réfuter une conception de la nation supposée aboutie, pour se placer au cœur des processus d’évolution et de production de celle-ci, non en marge ?

sources de l’islam et contexte européen

Il est nécessaire de confronter l’étude et l’analyse des sources de l’islam à un contexte donné, dans une optique dynamique. Le contexte est l’éclairage nécessaire pour parvenir à adopter une lecture ouverte, innovante et non figée des sources. En ce sens, il s’érige en référentiel indispensable. Une approche globale des sources permettrait d’aborder le monde environnant et ses enjeux dans leur complexité et dans une optique pluridisciplinaire.Comment sortir d’une compréhension et d’une vision restrictive de l’islam pour l’appréhender dans toutes ses dimensions, comme une manière d’être dans les différentes sphères de la vie ? On oppose spiritualité et progrès, islam et modernité, sans toujours pouvoir définir clairement les concepts de progrès et de modernité. L’islam conçoit la spiritualité et le sens comme un moteur du progrès humain, non comme un frein à celui-ci.

Il est nécessaire de confronter les textes et l’interprétation qui en est faite, aux réalités ambiantes, dans l’optique d’un rapprochement de ce qui peut apparaître antinomique, incompatible, et d’une « acclimatation » de l’islam à son milieu. Il s’agit non pas de s’intéresser à ce que la laïcité pourrait amener les citoyens musulmans à concéder, mais plutôt de définir quels sont les aspects qui font converger la laïcité et l’islam (justice, liberté, égalité, non-violence, solidarité).